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Les guerres de succession de la reine Jeanne

 

La mort de la reine Jeanne ouvrit une guerre de succession en Provence (1382-1386), dite guerre de l'Union d'Aix entre les partisans de Charles Duras et ceux de Louis Ier d'Anjou ; elle eut pour conséquences l'installation de la deuxième maison d'Anjou sur le comté de Provence et la dédition de Nice à la Savoie.

 

Le texte ci-dessous est un extrait d'n article sur WIKIPEDIA.

Les origines

Jeanne Irede Naples était la fille de Marie de Valois sœur de Philippe VI de Valois, roi de France, et de Charles duc de Calabre fils du roi de Naples Robert le Sage, lui-même fils de Charles II le boiteux. Elle avait une seule sœur, Marie de Sicile.

Son père Charles de Calabre mourut en 1328 alors qu'elle n'était qu'un bébé. Son grand-père Robert qui avait déjà perdu Louis, son deuxième fils en 1310, se vit confronté au grave problème de sa succession, son royaume étant convoité par ses neveux. Le roi Robert désigna donc Jeanne pour lui succéder. La mère de Jeanne, Marie de Valois, mourut à son tour le 28 octobre 1331 au cours d'un pèlerinage.

 

Robert d'Anjou, dit le Sage, roi de Naples et comte de Provence

 

Lorsque son grand-père le roi Robert mourut en janvier 1344, Jeanne héritait du royaume de Naples, mais était très mal préparée à une telle charge. Afin de la libérer de la tutelle pontificale, son grand-père avait mis en place un conseil de régence avec la reine Sancia, son épouse, le vice-chancelier Philippe de Cabassolle évêque de Cavaillon et le grand sénéchal de Provence Fillipo di Sanginetto. Devant l'inefficacité de ce conseil, le pape en sa qualité de suzerain décida d'imposer sa direction effective en envoyant un légat, le cardinal Aimery de Chatelus.

La cour de Naples fut rapidement divisée par les intrigues et rivalités des descendants des trois frères du roi Robert avec:

  • Charles Robert pour la branche hongroise,
  • Philippe de Tarente, son premier frère cadet, époux Catherine de Courtenay,
  • Jean de Duras, deuxième frère cadet, époux Agnés de Périgord sœur du cardinal Talleyrand de Périgord.

La famille Duras prit un premier avantage en obtenant le mariage de Charles II de Duras ( fils de Jean de Duras et d'Agnés de Périgord ) avec Marie la sœur de Jeanne.

Charles III de Naples, dit Charles de Duras (Enluminure hongroise de 1488).

 

Jeanne atteignant sa majorité, il était nécessaire de procéder au couronnement officiel de la souveraine. Conformément aux dispositions du testament de son grand père, Jeanne s'opposait au couronnement de son mari André, réclamé avec insistance par sa famille hongroise. Le pape Clément VI, en sa qualité de suzerain, décidait de faire couronner ensemble les époux.

Un terme tragique fut mis à ce différent par l'assassinat de André de Hongrie dans la nuit du 18 au 19 septembre 1345 à Aversa près de Naples. Les avis sont partagés sur l'implication réelle de la reine à cet assassinat. Pour certains elle serait l'instigatrice de ce meurtre, pour d'autres, tel que Emile-G. Léonard, l'implication de la reine n'est pas démontrée.

 

L'invasion hongroise

Château Neuf de Naples

Louis le grand, frère aîné d'André, ne pouvait que saisir cette occasion pour tenter une annexion du royaume de Naples. Il entreprit donc une expédition militaire et les premières troupes firent leur entrée à Aquila le 10 mai 1347.

Au cours de ces évènements tumultueux, le 20 juin 1346, Jeanne épousa à Naples son cousin Louis de Tarente dont elle avait été la maîtresse en même temps que plusieurs autres. Le 11 janvier 1348 Louis de Hongrie était à Bénévent prêt à envahir le royaume de Naples. Devant cette menace, Jeanne qui s'était retirée au Château-Neuf et confiante à la fidélité de Marseille, avait préparé son évasion afin d'échapper à la vengeance de Louis. Sans attendre le retour de son mari Louis de Tarente elle s'embarque le 15 janvier 1348 sur deux galères du marseillais Jacques de Gaubert à destination de la Provence, emmenant avec elle son trop dévoué Enrico Caracciolo. Louis de Tarente arriva à Naples le lendemain et partit sur une autre galère.

Après avoir investi facilement la ville de Naples, Louis de Hongrie fit décapiter le 23 janvier 1348 Charles de Duras, époux de Marie sœur de Jeanne, sur les lieux mêmes où son frère avait été assassiné.

 

Armoiries de Charles d'Anjou, duc de Durazzo

 

Jeanne en Provence

Après une escale à Brégançon, Jeanne arriva à Marseille le 20 janvier 1348 où elle reçut un accueil chaleureux. Elle jura d'observer les privilèges de la ville et recevait le serment de fidélité de ses habitants. Elle signait les lettres patentes qui unissaient la ville haute et la ville basse, assurant ainsi l'unité administrative. Elle se rendit ensuite à Aix-en-Provence où l'accueil fut très différent, les barons de Provence lui manifestant clairement leur hostilité. Elle dut s'engager sous serment à ne rien aliéner de la Provence et à réserver tous les emplois du Comté aux seuls provençaux.

Elle arriva ensuite le 15 mars à Avignon véritable but de son voyage pour y rencontrer le pape. Louis de Tarente étant arrivé de son côté à Aigues-Mortes, le couple fut reçu par Clément VI. Pour Jeanne cette rencontre avait un triple but : obtenir une dispense pour son mariage avec Louis de Tarente, recevoir l'absolution pour être disculpée du meurtre d'André et préparer la reconquête de son royaume. Le pape accorda les dispenses de parenté, nomma une commission pour examiner les accusations de participation à l'assassinat d'André et acheta la ville d'Avignon pour 80 000 florins, ce qui séparait cette ville de la Provence.

Ayant appris que Louis de Hongrie était parti de Naples, le couple quitta Avignon le 21 juillet et rentrait à Naples le 17 août 1348 après avoir fait escale à Sanary et Brégançon. Un mois après son arrivée, elle violait ses promesses en révoquant le sénéchal Raymond d'Agoult et nommant à sa place le napolitain Giovanni Barrili. Devant le mécontentement Jeanne dut rendre le pouvoir à D'Agoult.

 

Le règne de Louis de Tarente

 

Ludvik od Johany.jpg

Très vite Louis de Tarente ne se préoccupa que de sa prise de pouvoir au détriment de la reine Jeanne. A la faveur des troubles provoqués par les combats avec les troupes hongroises restées dans différentes places, il réussit un véritable coup d'État : Enrico Caracciolo, le protégé de la reine, fut arrêté et mis à mort.

Après une nouvelle offensive de Louis de Hongrie qui l'amena sous les murs de Naples, le pape Clément VI envoya un légat Raymond Saquet, évêque de Saint-Omer avec une flotte commandée par Hugues des Baux. Louis de Tarente promit de rendre à la reine son indépendance. Peu après Louis de Hongrie, grièvement blessé, rentrait dans son pays. Le 23 mars 1352 la paix était proclamée entre Naples et la Hongrie.

L'exercice du pouvoir commun entre la reine et Louis de Tarente avait été réglé par un édit qui laissait ce dernier gouverner à son gré. Mais en fait le véritable maître était son conseiller, Niccolo Acciaiuoli.

En 1356 les souverains organisèrent la reconquête de la Sicile. Après une victoire à Messine, il y eut une grave défaite navale face aux catalans ( 19 juin 1357 ). Pendant ce temps les bandes d'Arnaud de Cervole, dit l'archiprêtre, traversent la Durance le 13 juillet 1357 et pillent la Provence.

Philippe de Tarente, frère de Louis, avait épousé Marie veuve de Charles de Duras et était envoyé en Provence en tant que vicaire général pour lutter contre les différentes compagnies qui ravageaient la Provence. Il acheta le concours des troupes du comte d'Armagnac qui se montrèrent aussi redoutables pour les populations locales. Finalement Innocent VI obtint l'éloignement de ces bandes contre rançon. Ces dangers montraient clairement la sous-administration de la Provence à partir de Naples.

Louis de Tarente, ayant pris froid en prenant un bain, tomba malade. Son état empira durant un mois et il mourut le 25 mai 1362.

 

Gouvernement personnel de Jeanne

Troisième mariage

La mort de Louis de Tarente, mari autoritaire et brutal, rendait à la reine un pouvoir dont elle n'avait jamais pu disposer. Ce décès faisait disparaître un élément de discorde. Pendant trois ans, la reine allait prendre une série de mesures qui la rendirent populaire : pardon accordé à Raymond des Baux, remplacement du sénéchal de Provence Roger de San-Severino par Fouques d'Agoult ainsi que divers édits pour éviter l'anarchie.

Le 14 décembre 1362, elle se maria pour la troisième fois avec un prince d'une bonne dizaine d'années plus jeune qu'elle Jacques III, (1336 † 1375), roi titulaire de Majorque et prince d'Achaïe, mais n'eut pas d'enfants. Malheureusement ce troisième époux, qui avait été maintenu en prison pendant quatorze ans dans une cage de fer par son oncle Pierre IV, était pratiquement fou. À toutes les tares physiques qui accablaient le pauvre prince, s'ajoutaient des prétentions à être associé au gouvernement. Devant l'opposition résolue de la reine, Jacques III finit par s'éloigner et partit pour l'Espagne soutenir Henri de Trastamare contre Pierre le Cruel, roi de Castille. Emprisonné puis libéré il finit par mourir en février 1375.

Agitation en Provence

Pour affirmer les droits de l'Empire sur le royaume d'Arles, l'empereur Charles IV de Luxembourg, roi de Bohème vint après son passage à Avignon, se faire couronner le 4 juin 1365 roi d'Arles à l'église Saint-Trophime, mais garantit à Jeanne ses droits sur la Provence.

Par ailleurs les prétentions de Louis d'Anjou, frère du roi de France Charles V et lieutenant du Languedoc, s'affirmaient. Il se lança avec l'aide des compagnies de Bertrand du Guesclin à l'attaque de la Provence. Tarascon fut prise le 22 mai 1368. Les troupes du sénéchal Raymond d'Agoult furent battues à Céreste. L'intervention d'Urbain V auprès de Charles V, l'excommunication de du Guesclin le Ier septembre 1368 amenèrent la retraite de celui-ci et la signature d'un traité de paix le 13 avril 1369 qui fut suivi d'une trêve signée le 2 janvier 1370.

Apogée de Jeanne

Après ces périodes de troubles, Jeanne put connaître une période de calme relatif grâce à sa bonne entente avec le Saint-Siège aussi bien avec Urbain V qu'avec Grégoire XI. Durant cette période (1370/1374) il y eut la canonisation de saint Elzéar de Sabran ainsi que la visite de Brigitte de Suède à Naples (1372). Mais il y eut surtout, grâce à la médiation de Grégoire XI, le traité de paix définitive du 11 avril 1371 avec Louis d'Anjou qui abandonna ses prétentions sur Tarascon.

De plus, la reine retrouvait son domaine piémontais grâce aux succès du chef de guerre Othon de Brunswick qu'elle épousa plus tard.

Le grand schisme

Quatrième mariage

Veuve pour la troisième fois en 1375, et sans enfants encore vivants, Jeanne avait pensé résoudre son problème de succession en faisant épouser Marguerite de Duras fille de sa sœur Marie et de Charles de Duras qui avait été décapité par Louis de Hongrie, par son cousin germain Charles III de Duras.

Ce choix ne fut pas du goût de son beau-frère Philippe de Tarente qui aurait préféré voir désigner son neveu, Jacques des Baux, duc d'Andria. Ce dernier s'étant révolté, Jeanne lui confisqua ses biens pour crime de lèse-majesté le 8 avril 1374.

Jeanne allait bientôt s'aliéner Charles III de Duras lui-même. En effet, avec l'accord du pape Grégoire XI, elle épousa le 25 septembre 1376 le vaillant capitaine Othon de Brunswick. Bien que ce dernier fut réduit à l'état de prince consort, Charles III s'en irrita et se rapprocha de Louis de Hongrie, ennemi de la reine Jeanne.

Louis d'Anjou héritier

Il se produisit alors le grand schisme, l'une des plus grandes fractures de la chrétienté au moyen-âge. Deux papes furent élus : Bartolomo Prignano archevêque de Bari qui prit le nom d'Urbain VI et Robert, cardinal de Genève qui devint Clément VII. Le premier résida à Rome, le second à Avignon. Après avoir hésité, Jeanne se prononça pour Clément VII et lui avança 64 000 florins. Urbain VI de son côté encouragea les ennemis de Jeanne : le roi de Hongrie, le duc d'Andria et Charles III de Duras. Se trouvant dans une situation critique, Jeanne fit appel à Clément VII qui lui conseilla d'avoir recours à Louis d'Anjou. En échange de son aide elle l'adopte le 29 juin 1380 à la place de Charles III de Duras. Cet accord réalisait les ambitions que le duc d'Anjou nourrissait depuis longtemps. Charles III n'hésita alors plus et en novembre 1380 descendit vers Naples à la tête d'une armée composée surtout de Hongrois.

Château de l'œuf à Naples

Louis Ierd'Anjou ne mesurant peut-être pas la gravité de la situation du royaume de Naples n'intervint pas immédiatement, car il avait à s'occuper également de son neveu Charles VI qui succédait à son père Charles V décédé.

Othon de Brunswick qui n'avait qu'un faible contingent ne put arrêter les troupes de Charles III qui franchissaient le 28 juin 1381 les frontières du royaume de Naples. Le 16 juillet 1381 Charles III pénétrait dans Naples et assiégeait la reine retirée dans le Château-Neuf. Ne recevant aucun secours; elle dut capituler le 25 août 1381 et fut placée en détention au Château de l'Œuf, puis à celui de Nocera.

Assassinat de Jeanne

Louis d'Anjou se décida enfin à agir et partit d'Avignon à la tête d'une puissante armée le 30 mai 1382. Il passa par Turin et Milan. Vers le début septembre, il se trouvait à Amatrice, proche de Rome. Mais celle qu'il venait secourir était déjà morte assassinée. En effet Charles III de Duras pensant qu'il ne pourrait résister à Louis d'Anjou avait fait transférer la reine au Château de Muro où il la fit assassiner le 22 mai 1382. Elle fut étouffée sous des oreillers afin de faire croire à une mort naturelle.

Ainsi se terminait de façon tragique la première maison d'Anjou d'autant plus que Louis d'Anjou mourut le 20 septembre 1384 sans avoir pu terminer la reprise du royaume de Naples. Sa mort ouvrit une guerre de succession en Provence (1382-1386), dite guerre de l'Union d'Aix entre les partisans de Charles Duras et ceux de Louis Ier d'Anjou ; elle eut pour conséquences l'installation de la deuxième maison d'Anjou sur le comté de Provence et la dédition de Nice à la Savoie.

 

 

L’Union d’Aix

Naissance du mouvement

Le 22 février 1382, lorsque Louis d'Anjou se rend à Avignon pour recevoir le serment des seigneurs et des villes de Provence, la communauté d'Aix refuse de le reconnaitre. Louis met le siège devant la ville mais l'abandonne en juin pour partir en Italie avec son armée. C'est le début d'une guerre civile en Provence.

La cité d’Aix-en-Provence prend la tête des mécontents. Le premier syndic Bertrand de Jouques prend l’initiative d’une confédération connue sous le nom d’Union d’Aix qui se déclare en faveur de Charles de Duras. Barral de Pontevès, devient Gouverneur et Capitaine Général des comtés de Provence et de Forcalquier pour les Ligueurs de l’Union. L’Union d’Aix est donc une confédération qui se forme entre cette ville et de nombreuses autres cités provençales, dont Nice, en faveur de Charles de Duras contre la seconde maison d'Anjou.

Face à elle, Arles et surtout Marseille intéressée par la fourniture de bateaux et d’équipements destinés à l’expédition de Louis, seules villes importantes, rejoignent curieusement Louis Ier, leur ennemi de la veille. Il faut souligner qu’à ces conflits politiques s’ajoute un contexte religieux troublé. Le Grand Schisme de l’Église catholique, avec les Angevins choisissant le pape d'Avignon Clément VII et les Duras celui de Rome Urbain VI, cristallise en effet les oppositions en Provence.

La mort de la reine exacerbe les tensions

Louis Ier part d'Avignon à la tête d'une puissante armée le 30 mai 1382 pour secourir la reine prisonnière. Mais celle qu'il veut secourir est déjà morte assassinée. En effet Charles, pensant qu'il ne pourrait résister à Louis d'Anjou, avait fait transférer la reine au Château de Muro où il la fait assassiner, probablement par étouffement afin de faire croire à une mort naturelle, le 27 juillet 1382. L'annonce de la mort de la reine Jeanne exacerbe les tensions en Provence. De 1382 à 1387, la confusion est à son comble. Chaque belligérant essaye de tirer parti de la situation en fonction de ses intérêts et des rapports de forces fluctuant au gré des évènements.

Les opérations des partisans de Louis Ier

Le 8 mars 1383, Louis d’Anjou lança un appel à tous les peuples des pays où régnait la Reine Jeanne pour prendre les armes et à courir sus à cette cité rebelle et très inique [Aix-en-Provence] ainsi que celles qui font partie de l’Union.

En mars et d’avril 1383 Marseille, la cité fidèle, attaque les galères de l’Union, puis met le siège devant Châteauneuf-les-Martigues. Elle s’empare d’Auriol puis raye le Sarret de la carte. Le 25 mars 1383, Foulques d’Agoult, donne ordre à son vice-sénéchal Louis de Trian, vicomte de Tallard d’attaquer son adversaire qui tient le parti d’Aix. La France intervint le 18 mai 1383 quand Aimery de Maignac, évêque de Paris et émissaire de Charles VI, annonce devant le Conseil de Ville de Marseille que pour faire face à la présence des troupes de Balthazar Spinola, le sénéchal carliste qui vient de débarquer en Provence, le roi soucieux de défendre les intérêts de sa parente la Reine Jeanne a ordonné à Enguerrand d’Eudin, son sénéchal de Beaucaire, d’entrer dans le comté. Il demande aux Marseillais de l’aider à bouter cette armée carliste hors de Provence. Le 24 juin, Marseille envoie 200 arbalestiers à Enguerrand d’Eudin au siège de Saint-Cannat, puis à celui d'Aix où le sénéchal de Provence décide de faire appel à la cavalcade. Mais dès les premières chaleurs de l’été une nouvelle épidémie de peste se déclenche en Provence et oblige à lever le siège en septembre 1383. Marseille organise alors le blocus du port de Bouc, son rival.

Le 8 mars 1384, Louis d’Anjou, par lettres patentes, fait transférer à Marseille le siège de la Cour royale à cause de l’infidélité d’Aix.

Les opérations des partisans de l'Union

De son côté, après être intervenu en Provence orientale avec les troupes de Balthazar Spinola, Charles Duras s’allie avec les Tuschins pour dévaster la Provence arlésienne. Au printemps 1384, le chef tuschin, Étienne Augier plus connu sous le nom de Ferragut, s’installe dans les Alpilles et fait régner la terreur jusqu'au Rhône et Arles qu'il prend dans la nuit du 24 juillet avec des complicités internes. Le viguier de la ville est tué. Après quelques heures de troubles, les habitants se révoltent contre les Tuschins et les chassent de la cité. Le lendemain, une répression sévère est menée contre leurs partisans.

La mort de Louis Ier

Louis II d'Anjou

Louis d'Anjou meurt le 20 septembre 1384 sans avoir pu terminer la reprise du royaume de Naples. Sa mort dans le royaume de Naples alors qu’il combattait Charles de Duras renforce la position de la confédération qui persiste dans son opposition à Louis II d'Anjou, fils aîné et héritier de Louis 1er, et à la reine Marie de Blois mère et tutrice du jeune roi.

La reine-mère Marie, accompagné de son fils Louis II, vient s'établir à Avignon d'où elle continue la guerre et les transactions. Car l'hésitation est sensible dans les villes qui soutiennent la maison d'Anjou. Ainsi Arles, prudente, ne s’engage qu’après plusieurs mois d’atermoiements et ne se décide à accueillir dans ses murs Marie de Blois et Louis II son fils que le 7 décembre 1385. Après avoir négocié des contreparties et établi une nouvelle convention, Arles reconnaît alors ce dernier comme son nouveau seigneur.

La mort de Charles de Duras et la fin de l'Union

Mais après le massacre de Charles de Duras en Hongrie, au mois de juillet 1386, l'Union d'Aix perd insensiblement la meilleure partie de ses forces et finit par traiter avec la seconde maison d'Anjou, c'est-à-dire avec la reine Marie et le roi Louis II, alors à peine âgé de dix ans.

En 1387, Aix-en-Provence qui avait fait traîner les négociations, finit par se rallier à la maison d’Anjou, laissant les partisans des Duras en minorité. La guerre de l'Union d'Aix s'achève ainsi par la victoire de Marie de Blois et assoit définitivement l'installation de Seconde dynastie d'Anjou sur le comté de Provence. Mais ce succès est plus diplomatique que militaire dans la mesure où la victoire angevine s'est faite plus par des accords et des concessions que par les armes.

 

 

Epilogue : la dédition de Nice à la Savoie

D’une façon inattendue, la Provence à l’est du Var, c’est-à-dire le pays niçois, se retrouve seule face aux partisans des Anjou, maintenant très nombreux grâce aux avantages substantiels distribués généreusement par ces derniers. Ladislas de Duras, jeune roi de Naples chassé de sa capitale par une révolte, se révèle incapable d’aider ses derniers partisans.

Au début 1388, devant la menace angevine et l’incapacité des Duras à les défendre, les édiles de la Provence orientale envoient une délégation auprès de Ladislas pour demander de l’aide. Il leur est répondu que le roi de Naples ne peut les aider et qu’en conséquence, il permet aux Niçois de se donner au seigneur qu’il leur plait, et qui peut assurer leur protection, à condition qu’il ne soit pas un adversaire des Duras. Les édiles choisissent le comte de Savoie Amédée VII, dit « le comte rouge », qui se met immédiatement en marche pour Nice, saisissant l’aubaine d’ouvrir ses États montagnards sur un port méditerranéen. Il arrive à l’abbaye de Saint-Pons, aux portes de Nice, le 27 septembre. Le lendemain 28 septembre 1388, est rédigé par devant notaire le pacte de « dédition » aux termes duquel le comte de Savoie s’engage à gouverner et protéger Nice et sa viguerie. Ce document finalise la Dédition de Nice à la Savoie.

 

 

 

 
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