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COTIGNAC

 

Cotignac, à une altitude de 230 m, compte 2026 habitants. Une falaise de tuf de 80 m de haut et dominant le village lui donne un cachet unique. Le nom viendrait de "cotignac", confiture ou pate de coing. "Codon", coing en provençal, a donné codonat, puis coudoignac. C'est ici que l'on aurait inventé la gelée de coing...

Cotignac allie un site unique avec sa falaise, avec un village de caractère et la proximité d'un lieu saint, Notre-Dame-des-graces.

 

 

Il y a 80 000 ans, la Cassole (rivière actuellement détournée) franchissait en cascade la falaise, construisant sans cesse calcaire et concrétions. Les dépôts de tuf enrobèrent peu à peu l'escarpement, l'érosion créait fissures, grottes, l'eau stalactites et stalagmites. C'est à l'intérieur de cette falaise, longue de 400 m que les premiers habitants ont pris l'habitude de stocker leurs provisions afin de les protéger des pilleurs. C'est ainsi qu'un premier château féodal fut construit au VIII° siècle et habité jusqu'au XV° siècle. On aperçoit encore quelques vertiges de rempart. Cotignac dépendait d'une maison de ce nom, qui s'éteignit vers la fin du XIII° siècle. Il ne resta qu'une fille qui épousa Raimbaud de Simiane, seigneur d'Apt, auquel elle porta en dot la terre de Cotignac et celle de Carcès. Mais n'ayant pas eu d'enfant de ce mariage, elle donna ces deux fiefs à Fouques de Ponteves, dont les descendants les ont possédés longtemps.

Toujours dans les grottes, on trouve d'anciens pigeonniers, élevage pour la nourriture, mais aussi moyen de communication qui fut utilisé par les habitants lors de périodes troublées.

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Les maisons troglodytiques, ou les redoutes sont jusqu'au milieu de la falaise. Il faut donc y monter par des escaliers et des passerelles. Certaines font douter de leur solidité; mais en temps de danger, mieux vaut les utiliser. Est-ce encore le cas aujourd'hui; la visite vaut néanmoins le détour.
Une des salles les plus grandes; fenêtre, balcon, et meurtrières... Le plafond est de style art nouveau; Gaudi peut-être? Dans la salle, des pièces annexes sur plusieurs étages. Mais toujours des meurtrières.
Vue sur les arbres du sommet de la falaise. Un village de pierre, une crèche en vraie, au dessus de la vallée. Les chemins primitifs étaient certes plus ardus que les passerelles actuelles. On ne sait si les utilisateurs premiers étaient sensibles à la beauté du paysage, mais il est clair que la vue est dégagée...
La matière première des murs n'était pas loin; on admirera le parement de ces beaux murs de tuf. cotignac - 18.jpg (137318 bytes) Vers le bas de la falaise, les fortifications laissent la place aux pigeonniers et aux maisons d'habitations. Une cuisine aménagée ...
Au bas de la falaise, le village déploie ses rues animées. Au dessus de la falaise, les tours de Castellane veillaient. L'étroitesse des fenêtres témoigne de leur usage militaire. Tours de guet, et tours de défense, elles surplombent de leur majesté la plaine.

 

C'est lors de l'arrivée des sarrasins que les habitants de l'ancien village (qui pourrait remonter à 585) se retirèrent dans les falaises et s'y fortifièrent. La tradition dit que les premières familles étaient des familles juives qui se seraient cachées dans les bois pour ne pas être converties au christianisme. Ceci expliquerait la présence d'un quartier de la sinagogue, de la rue de Jérusalem, et de la place des juifs aujourd'hui renommée place de la libération:

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Lorsque Guillaume libéra la Provence, le nouveau village fut construit au pied de la falaise; falaise qui servit encore de fortifications et de refuge lors des guerres de religions.

 

Au sommet de la falaise, deux tours du château médiéval subsistent (XII°-XIII° siècle); elles ont été construites par les Castellane pour défendre l'accès du village; ce sont des tours de guet. (ref. 4-1)

 

Plusieurs éboulement successifs, à travers les siècles, ont altérés la physionomie de la falaise; un glissement de terrain en 1902 a laissé beaucoup de sans abris. Mais les hommes sont tenaces, des travaux ont été entrepris pour déblayer et consolider. A coté d'un théâtre de verdure, les troglodytes sont toujours là, plusieurs maisons sont habitées...

Cotignac c'est aussi un village typique provençal avec ses places ombragées de platanes, ses ruelles étroites à l'ombre des toitures dans lesquelles on peut marcher à l'ombre en été.

La grande place; des platanes séculaires, un art de vivre millénaire. Un passage voûté dans l'ancien village décoré de fleurs. La falaise est toujours là, au détour d'une rue, au détour d'un toit. Trois rangs de génoise, on protège les façades de la pluie, on améliore l'ombre.
Au pied du rocher, les pressoirs à olives. Celui-ci date du 18° siècle. Derrière le campanile, un enchevêtrement de toits, le soleil ne doit pas passer l'été. Le campanile en fer forgé que l'on retrouve dans presque tous les villages de la région. La place de la mairie, sous le rocher bien sur...
Un monument aux morts, le poilu de la grande guerre. L'église fait penser à une grotte, peu d'ouvertures étroites, un puit de lumière discret. A la fin de la visite, un pastis est le bienvenue sous les platanes.

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Notre-Dame-des-graces surplombe le village au sud; pour être aussi beau, on dit que ce lieu ne pouvait qu'être sacré et miraculeux. La vierge  serait effectivement apparue au 16° siècle sur ce mont Verdaille, qui domine au sud la vallée de l'Argens, Carcès et la région de Brignoles. Une chapelle y a été consacrée.

A la révolution, la chapelle fut détruite, pour être reconstruite en 1810. Elle est aujourd'hui occupé par les moines de la communauté de Saint-Jean. une belle allée boisée permet de rejoindre le monastère de Saint-Joseph, au pied du grand Bessillon.

La façade nord de la chapelle. L'entré de la chapelle, à la fin du long chemin de procession emprunté par les pelerins. L'intérieur de la nef, sobre et dépouillé, incite à la réflexion et à la prière. Le campanile particulier, au dessus des pins et des lauriers, domine la vallée de l'Argens.
L'escalier d'honneur:

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L'ancien chemin des pénitents: cotignac - 23.jpg (118790 bytes)

"Il y avait déja vingt-trois ans que Louis XVIII était marié, sans avoir la consolation d'être père, lorsque le frère Fiacre, augustin déchaussé, demeurant à Paris, se mit en prière pour demander à Dieu la fécondité de la reine. La Sainte Vierge, dit son historien, apparut à ce religieux le 3 novembre 1637, et l'assura que ses prières étaient exaucées; mais elle ordonna que la reine lui fit trois neuvaines, dont une à Notre-Dame de Grace. ET pour preuve que ce n'était pas point une illusion, elle se montra à lui, ajoute l'auteur de sa vie, telle qu'elle était représentée dans un tableau présent dans la chapelle.

Le roi et la reine, ayant appris de la bouche même de ce religieux tout ce qui c'était passé, l'envoyèrent en Provence pour vérifier si la Sainte Vierge était réellement peinte dans ce tableau telle qu'il croyait l'avoir vue dans son extase. Si la chose se trouvait conforme à son récit, ils le chargèrent de faire une neuvaine à Notre-Dame de Grace, afin d'obtenir du ciel le fils qu'on leur promettait. Le frère Fiacre reconnut que la vision ne l'avait point trompé, et remplit sa mission.

La reine ayant accouché de Louis XIV, le 5 septembre 1638, n'eut rien de plus préssé que de consacrer sa reconnaissance envers la Vierge. Elle fit porter à Notre-DAme de Grace, par le même religieux, un tableau que l'on y voit encore, et sur lequel le jeune prince est représenté aux pieds de la mère du Sauveur. Elle fonda ensuite six messes pour être dites à perpétuité dans cette église. Et enfin elle y vint elle-même avec ses deux fils pour faire ses actions de grâces, en 1660, lorsque Louis XIV allait épouser l'infante Marie-Thérèse. Ce prince fit présent à la Vierge de son cordon bleu que l'on conserve soigneusement, et lui envoya ensuite son contrat de mariage et le traité des Pyrénées magnifiquement reliés eu un volume. On peut les voir dans la bibliothèque de Notre-Dame de Grace. On lit dans l'église sur une pierre de marbre noir, à coté de l'autel, l'inscription que voici:

Louis XIV, roi de France et de Navarre,
donné à son peuple par le voeux
qu'Anne d'Autriche, reine de France, sa mère,
a faite dans cette église,
a voulu que cette pierre fût ici posée
pour servir de monument à la postérité,
et de sa reconnaissance,
et des messes que sa libéralité y a fondées
pour l'âme de sadite mère.
Le XXIII avril MDCLXVII.
"[1-16]

 

 

A proximité de Cotignac, on pourra gagner le gros Bessillon et le petit Bessillon, collines dolomitiques offrant des paysages variés et un point de vue sur l'ensemble de la région sans comparaison.

 
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